Jeudi 22 septembre 2005
                                                            



Ecriture indélébile, image gravée dans la chair, voilà que parfois je me prends à la nécessité de tatouage. Avatar de mes expériences d-passées, il y a eu un moment dans ma cure où enfin, je ne perdais pas tout, où quelque chose restait d'un passage.
Sait-on jamais ce que l'on fait lorsque l'on rencontre quelqu'un ? Je peux dire qu'avant un point de dépassement très précis, la vie filait sur moi comme l'eau sur les ailes d'un canard. La main perpétuellement tendue vers l'impossible, je ne recueillais que ce qui s'évapore. Rien !  La douleur de ne rien avoir de sa vie est infinie. Je n'ai rien : je suis toute dans ma douleur.
Et puis un choc frontal, un accident très grave avec un homme, a ouvert une brèche, un trou qui ne se referme pas depuis, et où quelque chose peut entrer, se colmater, comme un défaut  où plein de petits débris peuvent se loger.
Ces petits débris, avant, il me fallait les dessiner artificiellement : Montrer sa douleur dans un corps qui n'était pas atteint organiquement : "Mais enfin, Mademoiselle, je ne vois rien !" C'est bien ce que je dis... Il doit y avoir quelque chose.
Des années plus tard, plus besoin de démontrer quoique ce soit : je suis tailladée, amputée, tatouée de petits riens, invisibles à l'oeil, mais audible pour qui me regarde de travers. Une flagellation passionnée où des marques sont apparues, celles de la femme de moi. Je ne suis pas tout le temps dans cette femme. Elle, pourtant, silencieuse est toujours là, prête à ce qu'on la trouve.
Je suis passée dans la rivière, quelqu'un m'a donné une éprouvette, j'ai osé la mettre à l'eau, et depuis, je ramasse quelques petits poissons.
Poissons d'eau douce, des mers du sud, il y a du poids. C'est lourd à porter, je me suis lestée : ancrée dans les pieds de mon antre, fragile des vents qui m'effleurent.
Il y a une île quelque part, un endroit que l'on n'aperçoit que lorsque l'on rêve d'horizon. Au loin, paupières forcant la limite,  un point. C'est là, je ne pourrais peut-être pas y retourner quand je le voudrai, mais c'est à demeure. Ile est là.
La constance de cette présence est le début du désir d'y repartir, repartir dans l'aventure qui m'écrira encore, en corps de coco, de piment violent et de couleurs foncées.
Je n'ai pas tout, un tatoo définitif, noir et blanc, aux sommets effacés, aux rondeurs suaves et au creux duquel, un jaillissement souterrain gronde.
par Marge publié dans : psychanalyse
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Recherche

blog rencontres sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus