Vendredi 23 décembre 2005


C'est lourd cette période de Nöel : quand on fait un blog comme moi, et qu'en plus, ça fait presque un mois que j'ai rien écrit, je peux quand même pas laisser Nöel de côté. C'est un incontournable : faut voir ce que ça fait chez les patients...Avec qui je vais passer Nöel ? La famille : idéal et culpabilité... Comment s'en sortir de ce festin où l'on ne sait jamais trop qui est la dinde à dévorer ?
Personnellement, ça fait un moment que la dinde, on l'a foutue au placard. Du moins, c'est ce qu'on croit ! (Si ma mère m'entendait... "Mais non, tu n'es pas une dinde..." Dommage...)
Les cadeaux, tout le monde sait depuis Freud que c'est un symbole anal. Ouais... C'est vrai que j'ai déjà reçu des cadeaux de merde...
Il y a un cadeau que personne ne peut offrir, et c'est toujours celui-là que l'on veut plus que tout. Dans le genre, j'en connais qui se la jouent modestes : "Oh moi, vous savez, j'ai besoin de rien... Gardez votre argent pour autre chose de plus important." Une boîte de Kleenex pour essuyer les larmes de crocodile de la tragédie forcée et c'est bon, Nöel va vraiment être une horreur.

C'est sympa, il paraît avec les enfants. Moi, ma fille, elle me gave depuis une semaine au moins à me forcer à répéter tout le temps : "Combien de jours il reste ? Et on va où ? Et y'aura qui ?" AHAHAHAHAHAHA !!!! Je t'adore doudou, mais là je vais t'étrangler et il y aura une dinde de plus à Nöel... Quelle mère indigne je suis!
Je propose une nouvelle façon de ne pas avoir envie d'échapper à l'étau familial qui nous névrose depuis toujours et que l'on sent comme un couvercle sur nos têtes (merçi Baudelaire) en ces temps religieux : penser que le cadeau que l'on désire tant, celui que l'on ne peut pas avoir, c'est le signe qu'il faut fermer les yeux, respirer le brillant des guirlandes et aimer enfin ce qu'on désire sans l'avoir...
OK, c'est tordu : je ne serai pas là pour vous cacher que ce que je veux s'est enfui. Je ne crois pas aux miracles, mais j'aimerais y croire.
Alors moi aussi, je fermerai les yeux devant la cheminée, le coeur serré de cette absence, et pour la première fois de l'année, comme tous les ans, je bénirai ma famille de me supporter encore un peu, encore assez pour vouloir être avec moi.
par Marge publié dans : psychanalyse
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