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Jeudi 27 octobre 2005





Believe me or not, mais il y a des hommes sur terre... Oui ! En tout cas, des bipèdes cérébrés, pourvus d'un appendice banalisé, qui avancent dans la vie, en sériant les êtres par catégorie. Aussi, lorsque ce soir, j'ai reçu pour la première fois un jeune homme, j'ai été surprise de l'entendre s'exclamer : " Je n'y comprends rien aux femmes, je n'arrive plus à parler à la mienne, alors je me suis dit : prochaine étape, le psychologue !"
Le ? ? ? Intéressant : serait-ce une adresse masculine ? " Je sais pas pourquoi j'ai dit ça... En plus, je voulais absolument une femme... Parce que je crois que vous êtes plus à même de me guider dans les questions que je me pose par rapport à la mienne."

Drôle d'idée... Intéressante, parce que complètement complétée : un homme, une femme ; l'un se pose des questions, l'autre y répond. Un système binaire parfaitement huilé, jusqu'à ce que vienne le truc en trop. L'analyste comme partenaire dans le transfert, signe déjà le désir que soulignait Lacan, je-ne-sais-où : Un homme vient voir un analyste pour ses problèmes de couple. En gros, il fait appel à quelqu'un d'autre, un autre partenaire, et s'engage ainsi dans une autre histoire d'amour.

Vous voulez que tout baigne avec votre conjoint ? N'allez pas chez le psy... Ca se saurait si c'était le cas, mais c'est pas con...
Je me souviens d'un homme que j'ai aimé, qui après une douloureuse séparation, au lieu de venir me rejoindre, a plongé droit le nez dans le divan tout chaud d'une autre femme, analyste de surcroit. Depuis, je la considère comme une rivale qui a tous les avantages, puisqu'elle, ne lui demande pas d'aller jusqu'à l'acte. Il peut se contenter de parler.

J'ai longtemps cru que le blabla était l'activité préférée des nénéttes. C'est absolument faux... Miroir, mon beau miroir, dis-moi qui est le plus endormant... Endormir l'adversaire en lui hurlant des banalités à l'oreille est bien connu. Shéhérazade savait comment ne pas se faire couper la tete. Encore une histoire !!! J'avance aujourd'hui d'une façon tout à fait péremptoire que Shéhérazade est un mythe masculin.
C'est le somnifère injecté dans l'oreille de l'autre, sous prétexte de ne pas savoir quoi faire, quoi penser, quoi dire : "J'ai pensé à un truc l'autre jour... blabla... mais depuis, je doute... alors, je me disais...blablabla..."
Fatiguant, éreintant, endormant, meutrucidant... Que font les hommes quand ils nous ont endormies ? Est-ce pour aller voir ailleurs si j'y suis pas ? Est-ce pour soulever délicatement le rebord de notre jupe et dévisager dans l'angoisse du réveil, la pourpre pieuvre aux 4 yeux ?
En attendant le sursaut jouissif, les pauvres malheureux ne sont pas aware que l'on fait semblant de dormir, et que le réveil vient toujours de la cloche d'à-côté.
Continuons à le leur faire croire...  Le regard déjà flou, le soupir cent fois expiré, je n'ai jamais autant été ennuyée par la gent masculine, et en même temps, attendrie face à leur petite faille toute riquiquie, toute ridicule entre les numéros de gonflette psychique qu'ils nous imposent.
Mon homme Idéal ? Un mec assez gonflé pour faire croire qu'il ne l'est pas...
Plein d'amour pour vous.
Par Marge - Publié dans : psychanalyse
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