Vendredi 15 septembre 2006


    Notre futur président-candidat-presque-déjà-élu a parlé à Marseille. Il s'est adressé à la force vive de la nation, celle qui a tout inventé, celle qui est le vivier des idées de l'avenir, la jeunesse.
La jeunesse est à la politique ce que l'adolescence est à l'éducation, une chimère qui sert à masquer plusieurs faits qui demandent à être développés :

- PREMIEREMENT : Communistes, hitlériennes, il n'y a pas une jeunesse pour les figures paternelles autoritaires veulent une audience qui puisse faire quelque chose de leur image, une masse de corps verts et puceaux, qui en dehors de la connaissance physique de l'Autre sexe, en sont au moment où ils sont prêts à essayer un discours, puisqu'il n'ont plus l'envie de garder celui de leurs parents.
Le meilleur moyen d'ailleurs de le conserver, on le sait, peut être de dire le contraire. La dialectique étant l'arme fatale du contestataire post-pubère.
Ainsi, plus qu'un âge, la jeunesse désignerait l'état d'un sujet qui ferait du neuf, sans se couper les cheveux en quatre. En même temps, ceux qui en ont appelé par le passé à la jeunesse, n'ont pas laissé beaucoup la liberté d'innover. C'était de la mise à disposition de corps vaillants, pour leur cause à eux, donc d'une génération en retard. Personne que je sache à écouté jamais ceux à qui elle a fait appel, lors de moments politiques critiques.

- DEUXIEMEMENT : La psychanalyse ne connaît d'âge que de chiffre, et suppose avec Freud, Sigmund de son petit prénom, que l'inconscient est intemporel. S'il est intemporel, il ne connaît ni futur, ni passé. Tout est là, sans qu'on le sache. C'est ça le truc. Ce qui fait d'ailleurs, qu'un homme de 16 ans, qui commence une analyse peut très bien en faire quelque chose que n'en ferait pas quelqu'un de 58 ans, et inversement. La connerie, elle aussi, n'empêche pas les années d'avancer.
Les "jeunes d'aujourd'hui" angoissent leurs enseignants, leurs parents, la société toute entière, le monde qui cause ! On commence l'année scolaire par le disciplinaire, par prévention, on leur dit qu'il faudra faire attention, autrement... VLAM ! L'insulte vient de qui en premier ? Toujours de celui qui angoisse.
Adolescent rimerait avec futur et déjà-en-germe délinquant. Donc : il faut les trouver avant qu'ils éclosent, les traiter avec de l'engrais de morale chrétienne et civique, et ainsi les plantes voteront BIEN dans 10 ans, et la vie sera paisible dans un monde plein de fées et de nains ensorcelants.
ON A PAS BIENTOT FINI DE SE FOUTRE DE NOTRE GUEULE ?!?

A l'institution où je travaille, ils ont entre 14 et 25 ans. J'ai jamais entendu un seul adolescent (vous savez ces grands enfants en crise identitaire, qui s'asseyent sur l'autorité, etc.): que des sujets qui se cognent à des amours impossibles, à des envies de meurtre sur parent pénible et collant, à des nuits agitées de cauchemars salaces, à des douleurs d'être un corps qui ne sait pas où il jouit et comment en faire quelque chose.

De la morale de psy qui dit qu'il fait mieux que tout le monde ?
Sûrement ! C'est ce que va penser Nicolas quand il lira ça. Il y a eu des gens qui depuis leur enfance ont cherché à dire un NON, qui soit différent d'un OUI. La politique, ça découle de cela.
Refuser quelque chose, c'est se permettre de dire oui, à quelqu'un, à une direction que l'on choisit sans savoir ce que ça donnera.

ENFIN... :

Tout le monde regarde l'Assemblée, celle qui semble, fait semblant de "bler", nouveau verbe, néologisme, qui donne je blérai, tu bléras, espèce de blAIreau, t'es sans blanc, y'a pas d'espace pour réfléchir, pour s'offrir un bon paragraphe de Yann MOIX (faudra que je fasse un article sur son Panthéon...)
Allez-vous dire oui au projet de Loi de M. Sarkozy-mes-hommages-Monsieur, qui prévoit de durcir la lutte contre la délinquance juvénile, en médicalisant et en pénalisant les mineurs ?
Matraquez-moi et tout ira mieux après, je ne ferai plus de bêtises...
Un monde de loups, de loups qui en auront pris plein la figure par les gens censés les protéger, qui seront amers, cyniques et vomissants du sang que l'Assemblée a versé en ces jours maudits.
Puisque les jeunes n'existent pas, mais puisqu'il y a des citoyens mineurs qui sont visés, il ne fait pas bon vivre pour le désir... Vivement qu'on soit vieux ! Au moins on sera moins dangereux selon N.S...
Bonne campagne M. Sarkozy.
A bon entendeur...
par Marjorie publié dans : psychanalyse
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Dimanche 28 mai 2006
On peut écrire sans se croire écrivain. Quand quelqu'un prend la plume, cela peut être pour faire entendre quelque chose, si cela est destiné à être lu, voire à être l'objet en tout cas d'une externalité, que cela aille ailleurs que dans le joli dossier jaune qui trône dans "Mes Documents", et que vous avez pathétiquement appelé, comme moi par exemple "Personnel". Ce joli dossier, qui regorge de richesses, qui n'en sont que parce que personne d'autre que vous ne l'a jamais lu, il faut un jour le faire voyager, et oser prendre ce risque-là.

C'est un risque qui se mesure à l'aune de ce petit bout de chair qui était bizarrement accroché à ce texte, et qui s'il est refusé, rejeté, détesté, mollement applaudi ou même pire, adoré, vous fait entendre que de toutes les manières, c'est raté. Certains diront peu importe, et d'autres au Surmoi aussi féroce que gourmand, claironneront le lendemain chez leur analyste leur indignation, leur suffocation, leur sidération ou, horreur entre toutes les horreurs, leur résignation.

Il y a deux mois de cela, une étincelle dans ma vie me fait écrire un texte, qu'en toute objectivité je trouve absolument splendide (!). Brillant, fidèle à aucune façon préétablie de mâcher le sens, il est torché en quelques hâtes, et envoyé dans une boîte e-mail sensée devoir en faire quelque usage éventuellement.
Outrage majeur, on ne me laisse sous la dent aucune critique, aucun détail qui cloche, rien, à part cette phrase d'une chrétienne démocrate choucroutée d'une navale crinière, que le texte est formidable, mais qu'ils ne peuvent le publier sous prétexte que cela risque d'en choquer quelques-uns de leurs lecteurs.

QUOI DONC ? ? ?  COMMENT CELA ? Une revue de psychanalyse, lacanienne de surcroît (qui se surcroient tellement qu'ils ne croient pas qu'ils n'ont pas à y croire), refuse un texte sur le premier encyclique de notre nouveau pape, Benoît XVI, sous prétexte que cela pourrait en choquer quelques uns que l'on ose en dire quelque chose à lire vers la psychanalyse ?
Quel compliment !!! Alfred de Musset, mon bien aimé, regardes du haut de ton inexistence, combien les blâmes des braves gens peuvent être les caresses du destin.
Combien la médiocrité de mes pages n'aurait pu être un motif de refus, puisque dans ces pages de revue, ô combien méritantes, des analystes de tout poil, mais du même coiffeur, mêlant dinosaurement leurs ancres, fourbus qu'ils sont de tant de non-savoir, de sinthomisation à gogo, pour les pâtes, les ustensiles de cuisine, les familles, tout ce qui est vu et qui peut se ranger par boîte à outils, ... Oui, disais-je, ces analystes-là ne disent rien de ce qu'ils lisent. Ils ne font de leur expérience qu'une maturité, un développement qui met les petits nouveaux de l'Ecole, les passants à l'aube de la retraite sociale, au rang de ce qui s'écrira pour la psychanalyse.
Fort bien, j'aime les entendre, j'apprends de leurs déconvenues, je me prosterne aux pieds de tous les intelligents auditeurs qui ont su faire quelque chose de leurs symptômes.
Cela ne peut alors être qu'un problème politique : à la tête des revues, on met des gens qui feront un usage régulé de la nouveauté. La nouveauté soldes, la nouveauté début de série, la nouveauté "Oh, regardes, ils les faisaient pas en 41 ces sandales-là avant".

Ce texte restera donc bien au chaud dans "Mes documents", à moins que vous ne fassiez des pieds et des mains dans les commentaires, pour le voir en ligne...
Je plaisante !  Ils m'entendront ...
par Marjorie publié dans : psychanalyse
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Dimanche 19 février 2006



    Prise en flagrant délit de lecture de Marianne ce jour-même, j'apprends que la femme de Blair, Cherry en visite en Arabie Saoudite, par rapport à la question féminine dans ce pays de charia, trouve que les choses progressent et conseille la "patience" aux femmes...
Voilà la cerise sur le gâteau, Cherry (oui, je sais, c'est facile...)!
Je n'ai jamais eu aucune sympathie, ni antipathie d'ailleurs, pour le mouvement féministe, tout au moins, n'ai-je jamais brandi mon appartenance idéologique à ce courant-là, contrairement à Cherry...
    Mais, là, quelle honte !!! Si le féminisme, c'est de militer pour la valeur passive et patiente des femmes, alors les esprits les plus éclairés auront raison de se vouloir hors-sexe ! Comme un dessinateur l'illustrait, pour les femmes là-bas, une liberté en plus : elles auront le droit de choisir entre le voile et la barbe !
    Commencer l'article du mois de février par un coup de gueule politique, qui plus est, en faveur de l'impatience, de la hâte et du caprice, est certes un peu excessif. Que dire d'autre ? Bien sûr, aucun être de gamète XX n'a jamais été reconnu exclusivement féminin. Il faut bien autre chose pour être une femme... Par exemple, se pas se contenter d'être mère, épouse ou bien fille. Vouloir plus, être de ces agitées du bocal qui reviennent en permanence sur le paradoxe de leurs demandes, en trouvant cela parfaitement normal !
    Les ravages de la jouissance... Voilà les mots qu'a mis un homme que je connaîtrai bientôt, sur la fille qui ne peut que s'offrir. Se donner : à tort et à travers, donner tout, comme s'il n'y avait de salut qu'à confondre la mort et l'amour.
Ceux qui me suivent un peu savent que c'est en plein dans le mille. Et bien, c'est fini ! J'ai abandonné la voie de la jouissance infinie, c'est merveilleux, mais invivable complètement. Il semble que cela soit ce complet qui pousse à mort.
    Véronique Sanson dit : (Respect les enfants !!!)
" Si je regarde un garçon, je sombre dans l'amour, je n'en vois plus le fond et je deviens l'amour..."

    Alors, j'ai quitté celle qui ne promettait rien, mais voulait aller jusqu'au bout de sa folie pour un homme, jusqu'à perdre l'usage des mots qui ont un sens, ne divaguant qu'au moment où la douleur étant trop forte, j'ai quitté l'analyste qui n'a pas dit non à ça.
Echouée chez un autre, au bord de ne plus trouver aucune limite, j'ai voulu la paix. La paix est-ce le silence ? Est-ce la tranquilité ? Est-ce patienter jusqu'à ce qu'un jour quelque chose s'ouvre encore ?
    Sans aucune assurance, cela a été de faire l'effort suprême : border son être, comme maman bordait mon lit petite, retrouver une géographie normale, reprendre pied dans le drôle, dans l'épouvantable de ce qu'on a été.
C'est sourire le soir de penser à quelqu'un, sans savoir... Rien... Enfin...
par Marjorie publié dans : psychanalyse
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Jeudi 19 janvier 2006



L'époque où "Psychologies Magazine" se pavanait de vulgariser la complexité du monde psy est bientôt révolue ! L'Etat se charge désormais, et ce depuis octobre 2003 (merçi à l'homo politicus), de nous dire à tous, qui est "bien formé" pour avoir le droit de se dire "psychothérapeute".
Oh bien sûr, le fait que depuis longtemps, on se prenne les pieds entre psychiatre, psychologue, psychanalyste et psychothérapeute était un vrai problème social... Oui, oui, oui... On ne s'y retrouvait pas dans ce sac de noeuds de l'âme.

Bien sûr, on n'est pas obligés d'être psychothérapeute, de demander à porter le titre. Moi qui suis psychologue, par exemple, je pourrais l'être de droit. Pas d'office, non. De droit. Et si, comme c'est le cas, rien que le fait de prononcer ce mot est pour moi une insulte, je crois qu'en fait, après mure réflexion, après m'être brainstormée à en avoir une hernie mentale, je vais devoir "Désolée..." refuser cette généreuse offre que me fait ce merveilleux gouvernement d'être étiquetée par leur soin "PSYCHOTHERAPEUTE".
Car demain, psychothérapeute ne voudra plus dire : j'ai le désir de vous soigner le psychique. Non... Demain, cela voudra dire : j'ai été estampillé par l'état français, je suis formé à beaucoup de méthodes différentes (4 en tout), le Ministère de la Santé et Cie ont enregistré mon nom sur un registre, et j'ai tous mes diplomes, qui avant étaient au-dessus de la cheminée, dans la culotte du préfet !

Le fait d'être formé à "tout", non, non, non, ce n'est pas un signe que je n'ai pas fait de choix. Non, c'est une garantie donnée par l'Etat comme quoi je SAIS que dans tel cas, vaut mieux ça; dans un autre cas (oui, vous êtes maintenant un cas qui mérite une méthode de soin particulière à votre singularité), on vous fera un petit coup de comportementale.

Bon...
Mes fidèles lecteurs le savent bien : l'ironie ne va pas m'empêcher de vous dire ma position face à toute cette soupe uniformisante.
Alors, vous êtes prêts ? ? ?
Il va y avoir de grands changements : seuls les patients les plus connaisseurs de la subtilité de l'affaire, sauront que l'estampillage "psychothérapeute" n'est que le signe de quelqu'un qui a vendu son âme, son "psychique" comme on dit, à la garantie de l'Etat, ce qui me donne envie dès à présent de les considérer comme une espèce dangereuse !
Car, quand on a le désir d'entendre un sujet, c'est pas par l'Etat qu'il faut passer, c'est sur la scène de son propre inconscient. Il faut se taper ses rêves, ses silences, ses impasses, ses lapsus et aussi ses angoisses, ses fantasmes, son Oedipe, sa traversée et tout le tralala !!!

Pourquoi il n'y a pas de diplôme de psychanalyste ? Parce que quand on dit "Plôme" (Pom pom pom pom...Pardon...), ça n'a de sens qu'au un par un.
Alors, puisque le social, c'est pas rien, et puisque mes patients vont bientôt voir leurs questions essentielles autour de mon désir de les entendre, colmatées avec cette réponde univoque et réductrice de l'Etat, je vous annonce que je suis prête à perdre cette fameuse "clientèle" qui a guidé tant d'associations de psychologues à pactiser avec l'ennemi. Parce que j'en ai rien à foutre d'avoir des clients ! Je ne suis pas commerciale, je n'ai pas d'entreprise. Je reçois des patients, qui viendront me voir avec peut-être l'idée, que de n'être pas "psychothérapeute", je prends le pari d'une Autre garantie, celle qui n'existe pas, et qui ne se décide entre deux personnes que d'une rencontre.
Nous vivons une triste époque mes enfants... Mémé va se coucher...
par Marjorie publié dans : psychanalyse
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Vendredi 23 décembre 2005


C'est lourd cette période de Nöel : quand on fait un blog comme moi, et qu'en plus, ça fait presque un mois que j'ai rien écrit, je peux quand même pas laisser Nöel de côté. C'est un incontournable : faut voir ce que ça fait chez les patients...Avec qui je vais passer Nöel ? La famille : idéal et culpabilité... Comment s'en sortir de ce festin où l'on ne sait jamais trop qui est la dinde à dévorer ?
Personnellement, ça fait un moment que la dinde, on l'a foutue au placard. Du moins, c'est ce qu'on croit ! (Si ma mère m'entendait... "Mais non, tu n'es pas une dinde..." Dommage...)
Les cadeaux, tout le monde sait depuis Freud que c'est un symbole anal. Ouais... C'est vrai que j'ai déjà reçu des cadeaux de merde...
Il y a un cadeau que personne ne peut offrir, et c'est toujours celui-là que l'on veut plus que tout. Dans le genre, j'en connais qui se la jouent modestes : "Oh moi, vous savez, j'ai besoin de rien... Gardez votre argent pour autre chose de plus important." Une boîte de Kleenex pour essuyer les larmes de crocodile de la tragédie forcée et c'est bon, Nöel va vraiment être une horreur.

C'est sympa, il paraît avec les enfants. Moi, ma fille, elle me gave depuis une semaine au moins à me forcer à répéter tout le temps : "Combien de jours il reste ? Et on va où ? Et y'aura qui ?" AHAHAHAHAHAHA !!!! Je t'adore doudou, mais là je vais t'étrangler et il y aura une dinde de plus à Nöel... Quelle mère indigne je suis!
Je propose une nouvelle façon de ne pas avoir envie d'échapper à l'étau familial qui nous névrose depuis toujours et que l'on sent comme un couvercle sur nos têtes (merçi Baudelaire) en ces temps religieux : penser que le cadeau que l'on désire tant, celui que l'on ne peut pas avoir, c'est le signe qu'il faut fermer les yeux, respirer le brillant des guirlandes et aimer enfin ce qu'on désire sans l'avoir...
OK, c'est tordu : je ne serai pas là pour vous cacher que ce que je veux s'est enfui. Je ne crois pas aux miracles, mais j'aimerais y croire.
Alors moi aussi, je fermerai les yeux devant la cheminée, le coeur serré de cette absence, et pour la première fois de l'année, comme tous les ans, je bénirai ma famille de me supporter encore un peu, encore assez pour vouloir être avec moi.
par Marge publié dans : psychanalyse
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